30 novembre 2008



Les soirs d'hiver, les grands vaisseaux de pierre absorbent la lumière du soleil vieillissant. Les arbres n'y sont pour rien, l'ombre gagne du terrain. Bientôt l'obscurité. Le ciel, un instant se farde de juillet, joue à faire croire que... Bientôt l'obscurité.

Prés du terrain vague, des gamins crient en jouant à la guerre. A quoi d'autre pourraient-ils jouer, entre consoles numériques et feuilletons télé. Et à quoi jouions nous, à leur age ? Au débarquement, au FFI... Rien à donc changé. Bientôt l'obscurité.

De leur fenêtre, des mères surveillent. Pour l'instant elles enregistrent avec plaisir la force des gamins. Ils sont si jeunes. Si beaux.

Devant, les voitures passent, stoppent et redémarrent... comme un ballet mortel. Les grand fument. Surveillent eux aussi. Regardent vers les mômes... regardent les voitures...

Au dessus, un vol d'étourneaux passe, noircissant le ciel...

Bientôt l'obscurité...

29 novembre 2008



Il pleut de l'or...

L'or des fous !

25 novembre 2008

Arles, ne rales pas...
Je suis revenu vite, comme un voleur, entre midi et deux...
J'ai garé la japonaise noire prés du Malarte, comme il y a longtemps, quand nous venions le samedi matin, voir les toreros qui péroraient assis là, comme des bouddhas.
Je n'avais qu'une seule peur, qu'elle n'y soit plus...
Au dessus de la trace noire de l'enfant noyé il y a longtemps dans l'est, cette affichette...
Arles, ne rales pas...
J'ai posé mon cul sur le même trottoir... l'enfant me fixait, comme quelques jours avant...
Je ne sais pas ce que c'est que Borax... mais sur l'affiche, j'ai vu une femme pliée en deux... et en dessous, l'enfant mort...
Le graffiti... ne pleure pas...
Arles, ne rales pas...
J'ai soudain pensé aux coïncidences... mais là... j'étais scotché. Mes pieds dans le caniveau sale, les rires des touristes, place du Forum, juste à l'angle...
La noire nipponne m'a ramené au chagrin. Sans états d'âme, elle...
Arles, ne rales pas...
Ma vie, je t'aime...

23 novembre 2008

Le café viennois, c'est la science de Titou...
Tu t'installes, à la terrasse, l'été, ou l'hiver à l'intérieur, tu sais, ces jours ou le mistral balaie la place de la Cathédrale...
Titou, il s'en fout du temps. Dans ce bar, les horloges sont à l'arrêt. Se côtoient gamins de bahuts et vieilles peaux blondasses à col claudine... les hommes ne sont pas mieux, des véritables pub pour ascenseurs perso.
Dehors, les pigeons et les fumeurs se caillent. Les chalands s'arrêtent à la devanture, guettant la place libre... Forçant du regard les chanceux assis bien au chaud, devant ces magnifiques cafés viennois...
"je paye, elle dit, sortant un petit bleu de son porte monnaie"...
J'attendais qu'elle face apparaître l'île au trésor, ou quelques pièces usées... ou même un pinceau de poils de martre, pour mettre des rideaux bleus, aux fenêtres de ses yeux"
Me devinant, elle me dit en riant :" du vert, je ne mets que du vert..."
Puis elle a planté la cuillère dans la chantilly...
Dehors, le vent soufflait. Les derniers fumeurs se sont tirés. Seuls, les pigeons cherchaient du mouron entre les pavés.

21 novembre 2008

Certains soirs, le ciel se déchire. On peut craindre alors, qu'il ne s'effondre sur nos p'tites vies.
Dans la noire auto, nous assistons, impuissants, à son agonie. La radio de bord nous distille un Gillespie vors Stan Getz de 1953.
Et cette bouche immense qui se précipite sur nous !
La planète bleue ? La planète rouge !

19 novembre 2008

Ainsi avec le temps, les traces du passage s'effacent.
Il m'a fallu un certain moment pour te repérer. Je suis passé vite, mais l'oeil à l'aguet.
Ce noir sur ce mur, comme une marque sale de fumée.
Je me suis assis de l'autre coté, sur le trottoir, les pieds dans le caniveau et je t'ai fixé.
J'ai pensé à une bête, un félin, peut-etre...
Puis j'ai vu le sourire, qu'une lame tentait d'effacer.
Il y eu le bruit familier du déclencheur.
J'ai alors quitté cette ville.

17 novembre 2008



"Homme libre, toujours tu chériras la mer!

La mer est ton miroir; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame..."

Bon, là, j'ai faux....

16 novembre 2008

J'ai brûle ma collec de "La vie du Rail"...

Au début, je voulais seulement l'enterrer, sous un mètre de bon vieux gazon, mais je me suis dit que l'ADN, ça te suit longtemps, regarde Ramses II... alors... le feu...

Je te conseille de faire pareil, sinon demain, tu va avoir les flics chez toi et c'est directement 96 heures de garde à vue... puis une mise en exam, comme celles que Mme Dati aime... Et peut être un long, très long séjour dans un french' guatanamo... aux Kergelen, histoire de t'apprendre à pas trop jouer avec les nerfs de nos gouvernants...

Je sais pas, moi, mais les Kergelen, ça doit cailler, l'hiver, non ?

Puis si tu vois ton voisin jouer avec ça :





... Mets des gants, file acheter une carte téléphonique que tu paieras en liquide (j' insiste... l'adn...), chez un buraliste que tu ne connais pas... puis cherche une cabine téléphonique, si si, il y en a encore, fait le n° du ministère de l'intérieur (c'est écrit...entre les tags : en cas d'urgence... faite le 17), camoufle ta voix et dénonce le ! il en va de la sécurité de la patrie...
Puis achète sans rire le Figaro et rentrant chez toi, ou le Point... ou Gala... et mets TF1... surtout mets TF1 !

Sans le savoir, tu viens de te sauver la vie...

15 novembre 2008

"Des nuages noirs qui viennent du nord, colorent la terre..."
Que trouveras tu pour me suivre ? elle me dit, comme ça, sans détours...
La radio m'enflait avec ce crincrin de Delanoé ( pas le maire de Paris, l'autre...)
J'ai regardé le ciel, noir bronze. L'orage, celui de novembre nous enveloppait.
J'ai stoppé la japonaise noire. Sur un col. Du vent, de la bruyère et encore ce crincrin...
Elle a rit. Nous étions seuls et pommés dans un trou du cul du monde.
Elle a ouvert la boite à gant, en extirpa le limonadier puis cherchant dans le couffin, sorti comme par miracle un Quartaut............ Ah........
"pour te suivre...." ai-je besoin d'une boussole ?

12 novembre 2008


Rien ne me plaît plus aujourd'hui que de maquiller la réalité...
D'autres, si bien placés, le font avec tant d'excellence...
La vraie vie dépasse la fiction. On se croit mèche, on n'est que suif...
Ainsi ce photableau n'est pas un Van Gogh... mais ... sait-on jamais...

07 novembre 2008



Elle m'a dit :" j'ai garé le camion devant la porte"

Quand je suis sorti, j'ai soudain pensé que le monde venait de changer !

05 novembre 2008


Tu vois, Martin, ce 4 novembre m'a étrangement rappelé un 10 mai... un soir ou un certain François M. raflait la mise que depuis 40 ans, la droite française gardait bien au chaud...
Même une de journaux, même fièvre populaire, mêmes espoirs...
Chez toi, là-bas, outre-atlantique, depuis 1789, les blancs captaient ce pouvoir suprême, président du pays le plus puissant du monde. Puis ils laissèrent tomber l'esclavage, vite remplacé par la ségrégation, tu sais, toi, les "white only", un peu partout. Le KKK, et ses torchères humaines, les droits les plus fondamentaux refusés aux "colored".
Il a fallu que tu meurt, sous des balles blanches pour que la situation se "normalise"...
40 ans plus tard, à la veille de ce 4 novembre, rien n'avait vraiment changé.
Bien sur, il y avait Miles, Angela, Malcom et tant d'autres...
Mais fondamentalement, c'est toujours la même merde...
Aujourd'hui, ton pays, se prend d'un espoir fou. Avoir osé mettre dans le salon ovale, un homme de couleur... un noir...
Martin, tu avait fait un rêve. Je ne sais si le nouveau président est le fruit de ce rêve.
Je lui souhaite bonne chance.

04 novembre 2008


Comme elle discutait avec des filles de la Déroute sur leurs licenciements de dans un an, seul devant mes essuie-glace, je pensais aux montres molles de Dali.
Aux koï dans l'aquarium.
Aux myopes, le matin au réveil.
La radio sussurait de fausses info d'Outre monde...
... en la voyant arriver dans le rétro, je pensais que la nuit allait être longue...

Est-ce qu'il pleut ainsi en Alabama ?

03 novembre 2008

Le ciel noirci. Est-ce un présage ?
Il y a longtemps, ma cop's Christine levait les yeux aux ciel et s'écriait : "Mes couilles, le temps se brouille..." puis elle filait s'envoyer un demi au bar le plus proche. Nous la regardions s'éloigner, à chaque fois aussi étonné.
Mansour rangeait son vélo, secouait ses dress locks qu'il ne cachait pas sous un bonnet (d'âne), lui. Il matait le ciel avec délice, attendant les premières gouttes. Il s'asseyait au même bar et sortait ses pinceaux.
Crapoulet, été comme hiver engoncé dans un manteau militaire le saluait en passant d'un retentissant :" Salut, camarade immigré". puis disparaissait à l'angle du Lycée.
Sous l'horloge, Misère hurlait à la mort.
Du comptoir, ou il jouait au 421, Gilles la sifflait. La chienne, slalomant entre les voitures, venait se coucher dans la sciure.
Jeannot alignait les verres de 51. De la machine à glace il envoyait les cubes dans les verres. S'il loupait, il payait le verre.
Le ciel se couvrait encore. Etait-ce un présage ?